herbe
[Crédit photo : ecstaticist, sous licence Creative Commons]

Maud,

Nous sommes samedi matin. Tout est silencieux dans l'appartement. Seules chantent Maria Callas et l'eau de l'aquarium. J'ai clos Dis oui, Ninon il y a quelques minutes. Je voyais la petite Ninon, debout, toute fière, près de son papa, me faire signe de la main pour me saluer. Elle avait le sourire éclatant de ceux qui aiment la vie et la nature, l'herbe sous les pieds et le parfum des tomates trop mûres.

C'est l'été dans le livre, et j'ai tourné la dernière page en jetant un dernier regard à Sucrerou, le petit agneau né la nuit à la lumière d'une bougie prête à expirer.

Quelle belle rencontre...

Quand j'ai créé ce blog, ma petite allée de mots, je n'imaginais pas qu'un jour je serais contactée par une femme sur le point de mettre au monde son premier roman. Une femme qui m'a plu par sa simplicité, son humilité, sa sympathie, son amour de la musique et des choses simples.

J'ai suivi ses doutes et ses espoirs sur son blog. Quelle expérience !

Puis le livre est sorti. Je ne suis pas allée le chercher tout de suite. Je voulais attendre ce moment où je descendrais tranquillement à ma librairie, où je me promènerais sur ses pavés à la recherche de la couverture framboise qui dissimulait un trésor encore inconnu.
J'avais peur, peur de ne pas aimer.

Je l'ai saisi sur le présentoir. Il était un peu abîmé. J'en ai pris un autre. Il n'y en avait plus que 3. J'ai hésité une seconde puis j'en ai pris 2. Un pour moi, un pour une femme qui m'apporte plus qu'elle ne pourra jamais l'imaginer.
Je suis sortie. Il faisait nuit, il pleuvait.
J'avais ma framboise et mon printemps dans mon sac.
J'étais bien.

Ce matin, je l'ai refermé. Je vais rédiger un billet dessus tout de suite mais ne le publierai que mercredi matin. Comme je ne pouvais pas attendre pour te dire ce que j'en ai pensé, je t'écris cette lettre. Pour toi et les promeneurs qui passeront par ici.  Pour leur faire partager ma joie matinale.

Merci Maud pour ce que tu m'as appris, ce que tu me fais découvrir. C'est irremplaçable.

Estelle C