l_amour_est_tres_surestime

Le thème : Dans ces onze nouvelles, Brigitte Giraud évoque l'absence de l'amour . Que ce soit parce qu'il est parti ou  parce qu'il ne pouvait naître et n'a jamais été là. Elle évoque sobrement ce moment où l'on sait que l'on n'aime plus ou que l'on n'est plus aimé, ce moment où l'autre s'en va, ce moment où il n'est plus. La séparation, le départ, l'absence, le deuil. Toutes ces formes de liens dissolus ou brisés.

Mon avis : very1happy TRÈS PLAISANT !
Les nouvelles se lisent très vite, mais elles restent dans notre mémoire un moment. On s'y attarde, on y pense. Ça tourne dans nos pensées. On s'interroge. On a envie de les relire. Ce qui y est raconté est terrible et pourtant d'une telle banalité : chacun vit ou a vécu ces petites morts, ces blessures du cœur, ces manques. On se reconnaît. Ou on se reconnaîtra.

Morceaux choisis :

C'est la fin de l'histoire et vous ne le savez pas. Il est là, debout devant la fenêtre, et vous lui en voulez de masquer la lumière. Ce n'est pas lui que vous voyez mais le jour qu'il empêche d'entrer. (...) Vous pensiez que ce ne serait pas possible. Pas lui, pas vous.

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Je ne savais pas qu'on pouvait vivre, travailler, plaisanter et être malade de douleur. (...) J'ignorais qu'on pouvait à la fois être détruit et concentré sur son travail, effondré et souriant, triste et disponible, nostalgique et amoureux.

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Il est des moments où il est plus simple de faire ce qu'on n'a pas envie que de s'abstenir, allez savoir pourquoi. Il est souvent plus simple de faire que de justifier pourquoi on ne fait pas.

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Quand je vois autour de nous le vertige des naufrages amoureux, l'illusion de la liberté tant convoitée, le fantasme de l'instant exalté, de la jouissance sans limites, quand j'entends les conversations alimentées par la douleur d'aimer ou de ne plus aimer, quand je lis tous les livres où s'inscrivent les stigmates de l'échec, où se déploie l'esthétique de la perte, j'ose me tourner vers toi et te redire que je t'aime.